Nous avons tous une police. Nous avons aussi, tous, des forces
armées prêtes à remettre au pas les pauvres qui, le plus souvent
après un abus d'alcool ou une victoire en coupe du monde de
football, envisagent sans y avoir trop réfléchi de remettre en
cause l'ordre social.
Dans vos pays, règne une certaine justice sociale : un bon
politicier obtient de son chef un bon carrefour grâce auquel il
peut directement prélever sur les automobilistes de passage son
salaire et ses primes de résultat. Ainsi garantit-on de meilleurs
revenus aux policiers obéissants qu'aux syndicalistes.
Chez nous, hélas, les riches, effrayés par trente ans de gabegie
crypto-communistes, refusent de payer pour financer la Police
sans laquelle, d'ailleurs, ils ne resteraient pas riches bien
longtemps. Cela peut sembler être de l'ingratitude mais il faut
comprendre qu'en faisant abstraction du complexe circuit fiscal,
dont le poids repose essentiellement sur les pauvres hélas bien
plus nombreux chez nous que chez vous, au final, les policiers
sont payés avec le même argent que chez vous, et contribuent
pareillement à faire accepter une différence de fortune entre
riches et pauvres favorable à la croissance.